Marché flottant, serpents et chasse aux lucioles, Vietnam

Lundi 10 Août

3h00 : Journée sur l’eau ! À peine endormis, nous voici réveillés par Qui pour prendre le bateau sur le Mékong, en direction du marché flottant de Cai Be. L’ambiance est superbe, on croirait une scène d’Apocalypse Now : bateau long à moteur sur une rivière de cinq mètres de large bordée de palmiers plongés dans l’obscurité de la nuit…limite flippant !

 

Apocalypse Now

 

Au bout de quelques minutes, le décor change complètement : la rivière rejoint le fleuve extrêmement large. Notre périple durera quatre heures jusqu’au marché. Nous longeons une multitude de cases sur pilotis, ainsi que des bateaux plus ou moins gros attachés à quai ou n’importe où.

 

Fleuve Mékong

 

Quelques uns naviguent dans les deux sens du Mékong. Certains sont si gros qu’on se demande comment ils flottent, surtout quand ils transportent des tonnes et des tonnes de sable. Parfois, un minuscule bateau en tracte un ou deux autres, qui sont dix fois plus gros que lui.

 

Cargos sur le Mékong

 

De petites pirogues typiques avancent doucement, une ou deux femmes à la rame, debouts, portant leurs chapeaux de paille coniques. Le soleil se lève peu à peu derrière nous et la verdure entoure l’eau.

 

Bateau sur le fleuve Mékong

 

Terrasses vertes

 

7h30 : Le nombre de bateaux a considérablement augmenté, tous tournent vers la droite, vers un village monté sur pilotis. Des dizaines d’embarcations stationnent là, tandis que nous avançons parmi elles.

 

Marché Cai Be, sud du Vietnam

 

Bateaux du marché flottant

 

Sur les berges, des gens se lavent, d’autres nettoient leur linge. Le marché est différent de ce à quoi nous nous attendions : seuls des grossistes et des revendeurs viennent ici tous les jours, ce n’est pas un marché local pour les particuliers. Un peu déçu par celui-ci (mais pas par les quatre heures de navigation pour y arriver, ni par le village en lui-même !), nous faisons demi-tour.

 

Marché flottant de Cai Be

 

Femme ramant sur le Mékong

 

Bidonville au bord du Mékong

 

Barque sur le Mékong

 

Mais Qui nous réserve de nombreuses surprises. À commencer par celle-ci : prenant un autre bras du fleuve, plus étroit, la végétation se fait plus dense. Nous accostons à un ponton et descendons. Quelques pas plus loin s’offre à nous une très ancienne maison vietnamienne (protégée par l’UNESCO). Nous entrons et sommes stupéfaits par l’art qui y est présent. Les meubles sont incrustés de nacre. Des poissons dans quatre verres nagent sous la lumière filtrée. Une vieille dame dort dans un hamac puis se redresse et discute avec notre guide pour la journée, Qui.

 

Ancienne maison vietnamienne

 

Guide au Vietnam

« Qui », c’est lui !

 

Celui-ci nous conseille d’aller nous promener, car nous mangerons ici, mais il est encore tôt.

9h : Nous suivons ses conseils, tandis qu’Antonin décide d’occuper un hamac lui aussi. Le jardin est splendide et nous offre ses fruits (sorte de lychees et d’autres). Quelques petits ruisseaux accueillent des nénuphars et des fleurs de lotus.

10h : Nous déjeunons (soupe de haricots-maïs-carottes, nems, beignets de poivrons, bœuf et pommes de terre, fruits…). Puis nous regagnons le bateau et direction de l’hôtel. Mais au bout d’un temps, nous faisons une autre halte : nous allons visiter une fabrique de bonbons. Entreprise familiale, la quinzaine de personnes qui y travaille s’est réparti les tâches. Certains soufflent le riz à l’aide de sable chaud noir dans un grand chaudron, d’autres aplatissent  le mélange de riz et de sucre sur une table, puis découpent les friandises. D’autres encore les enrobent dans du plastique et une jeune fille les vend. Un plateau et des verres de thé nous sont offerts, ce qui nous permet de goûter à tout ce qui est fabriqué ici.

 

Riz soufflé en Asie

 

Mais des bocaux éveillent mon attention : ils contiennent des serpents, parfois aussi des scorpions noirs.

N’hésitant pas, je demande à goûter à cet alcool, n’ayant jusqu’ici jamais rien goûté d’aussi étrange depuis mon départ. Ce n’est pas très fort, ni spécialement bon…enfin, je pourrais au moins dire que j’en ai bu !

 

Alcool de serpents et de scorpions

 

Friandises vietnamiennes

 

Dans une case environnante, une femme dispose un tissu au-dessus d’une poêle creuse. Elle y verse de la pâte de riz et crée des sortes de crêpes très fines et plutôt bonnes.

 

Crepes vietnamiennes

 

Enfin, nous reprenons le bateau. Mais l’aventure est loin d’être terminée. Une pluie fine commence à tomber, qui ne dure pas bien longtemps. Dommage, cela aurait bien aidé à rafraîchir nos coups de soleil. Nous nous arrêtons plus tard dans une fabrique de bonbons à la noix de coco. Nouvelle dégustation. Un écureuil, deux oiseaux et un python nous observent ou dorment dans leurs cages.

 

Serpent en cage

 

Retour au bateau. Le dernier arrêt est le plus surprenant. Nous finirons le trajet autrement qu’en bateau, c’est pourquoi nous devons prendre tous nos sacs de friandises, achetés dans les différents ateliers visités.

Ici, une femme en pirogue nous attend. Nous montons et glissons lentement sur une petite rivière, cadre magnifique où le soleil éclaire notre « chemin » entre les feuilles de palmiers [hélas, je n’ai pas de photos...]. Nous croisons quelques autres touristes, menés de la même manière à la fabrique de miel. De la même façon, des assiettes de fruits, et du thé au miel nous sont proposés. Pour moins de 20 euros, nous passons une journée exceptionnelle !

Une dernière surprise nous attend après cette pause : un âne tirant une charrette nous conduit à l’hôtel. Autant celui-ci ne présentait pas que des avantages : pas de climatisation, pas d’eau… autant l’excursion de Qui valait la peine d’être venus ici, à Bến Tre.

20h : Surprise ! Qui nous prie de le suivre après nous être reposés un peu. La nuit est tombée, il n’y a pas de lune : le temps propice pour voir des lucioles ! Nous grimpons donc dans un autre bateau qui, tous feux éteints, longe la rivière vers le fleuve. Au bout de cinq minutes, nous voyons les premières lucioles. Chose étonnante, leurs clignotements sont synchronisés, ce qui du coup fait penser à des guirlandes de Noël. Le bateau s’arrête près d’un buisson où il y en a beaucoup, et Qui en capture une quinzaine qu’il dépose dans une bouteille.

 

Chasse aux lucioles

 

Nous nous amusons également  en prendre entre nos mains. Ce n’est pas bien gros en fait : peut-être huit millimètres, pas plus.

 

Lucioles en Asie

 

Puis, nous rentrons et les libérons dans un arbre. Qui nous montre alors notre futur repas : de grosses gambas dans un bassin, vivantes. Il les capture et va les préparer… Il nous montre aussi un « elephant ear fish », que nous allons déguster. Il y a une procédure à suivre : prendre une galette de riz, y mettre des tranches d’un légume ressemblant au concombre, de la menthe (il existe 7 sortes de menthe !), des nouilles de riz, du poisson et de la sauce. On referme tout comme un rouleau de printemps et…on le mange !

 

Elephant Ear Fish

 

 

Première nuit à Reykjavík, Islande
Au bord du Mékong, Vietnam

Auteur: Morgan

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