Une journée typique d’auto-stop en Islande

Dimanche 3 Août

Comme je n’ai pas prévu de m’arrêter entre Höfn et le lac Mývatn, mon objectif pour la journée est de parcourir en auto-stop les 411km qui séparent ces deux points. Ça promet de longs moments d’attente au bord de la route ! Le point positif c’est qu’on est en été et qu’il y a le soleil de minuit, donc pas de soucis pour y voir clair même très tard !

 

Trajet en stop

Objectif de la journée

 

Höfn

 

Etape 1 : Faire à pied les 4km qui séparent Höfn de la route 1, car il n’y a personne ici…

 

Glacier de Höfn

 

Etape 2 : Après un moment au carrefour, un islandais qui part au boulot me prend pour 3km et me dépose à l’entrée d’un tunnel. J’y reste suffisamment longtemps pour commencer à perdre la tête et à jouer à la pétanque avec des cailloux. C’est dingue ce qu’on peut faire avec des cailloux n’empêche. Un peu plus bas, il y a un bar qui semble attirer les rares voitures à avancer dans le coin. Hélas pour moi, elles s’y arrêtent mais ne vont pas plus loin.

 

Entrée du tunnel

 

Etape 3 : Finalement, deux allemands qui m’ont aperçu depuis un point de vue en haut de la montagne sont revenus en arrière pour me prendre ! Ils me déposent à Djúpivogur, soit une centaine de kilomètres plus loin ! Une grande avancée !

 

Fjords d'Islande

 

Etape 4 : Une famille de tchèques super sympas m’embarque et nous longeons plusieurs fjords. Ils me déposent à un carrefour au milieu de nulle part près de Breiðdalsvík, soit 65km plus loin. De nouveau, l’attente est longue…je suis au bord d’un chemin en piteux état, et je sais d’emblée que les voitures normales ne peuvent y accéder : il me faut un 4×4. Pour patienter, je m’exerce à la visée avec mes copains les cailloux et une pancarte routière qui fait office de cible.

 

Etape 5 : Enfin, un père allemand et ses deux filles passent et m’arrêtent à Egilsstaðir, au bout de 84km. J’en profite pour faire quelques courses…les magasins en Islande sont plutôt rares et même s’il y a des noms de villages sur la carte, bien souvent c’est juste un carrefour avec 3 maisons et une pompe à essence.
Après cela, je me remets au bord de la route et attend…encore et toujours. Finalement une voiture s’arrête. Mais alors que je pense avoir enfin trouvé quelqu’un pour m’emmener, la fenêtre de la portière s’ouvre et je m’aperçois qu’il s’agit du couple qui m’avait emmené jusqu’au parc national du Skaftafell. Hélas, ils voulaient juste me saluer et tournent au bout de la rue pour rejoindre leur hôtel.

 

Egilsstaðir

 

Etape 6 : Un islandais me sort de la ville et me dépose 3km plus loin.

Etape 7 : Une islandaise me prend pour 20km : c’est la première femme seule à oser m’embarquer dans sa voiture. D’ailleurs avec mon expérience et l’observation des autres « pouceux », j’ai pu élaborer un classement de la difficulté pour les auto-stoppeurs :

  • Très facile : une fille seule
  • Facile : deux filles
  • Moyen : un couple
  • Difficile : un homme seul
  • Très difficile : deux hommes
  • Là ça devient vraiment chaud… : trois ou quatre personnes
  • Sérieusement, tu veux vraiment tenter ? : plus de quatre personnes…

Mais en Islande, il faut aussi prendre en compte le fait qu’il n’y a parfois qu’une voiture qui passe toutes les demi-heures…ou toutes les trois heures, comme tu pourras le voir dans un prochain article.

 

Moutons en Islande

Faute de voitures, au moins j’ai des potes avec qui bavarder

 

Etape 8 : Enfin, après une longue attente à compter les véhicules et à deviner la couleur de la prochaine voiture qui dépassera le col, je suis emmené par un vieil islandais jusqu’au lac Mývatn ! Victoire ! 144km d’un coup ! En plus il est super sympa et très intéressant : comme tous les islandais, il parle un anglais impeccable. Il a d’ailleurs dans sa voiture un bouquin sur les pêcheurs français qui sont venus en Islande.

J’en profite pour lui demander à quoi correspondent les gros tas de pierres que l’on peut voir le long de la route. Ce sont tout simplement des bornes qui indiquaient le chemin, il y a encore quelques décennies, quand la route 1 n’existait pas.

 

Bornes route 1 en Islande

 

Il me montre également « la montagne préférée des islandais ».

 

Montagne préférée des islandais

 

Nous passons tout près des chutes Dettifoss, les plus puissantes du pays, mais je commence à fatiguer et je n’ose pas m’y arrêter de peur d’y rester coincé.

 

Rapides de Dettifoss

 

Je m’arrête au premier camping que je trouve à Reykjahlíð, au bord du lac et, chose assez exceptionnelle : la douche est gratuite, alors profitons-en !

Dépenses de la journée : 2157 ISK (environ 15€) de courses et 1500 ISK pour le camping

 

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Auteur: Morgan

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